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  • Roger Otis

Retour vers le futur - Du début à la fin

Le behind the scene de l'image d'une Delorean au vieux-port de Québec


25 août 2019 - Prise d'une photo d'une Delorean harmonisée avec l'architecture de la belle ville de Québec. Comment une telle image est elle planifié, réalisée et traitée ? Lisez la suite!


Le repérage - En premier, il faut choisir l'endroit. Durant une période d'une semaine, j'ai fait du repérage pour choisir un endroit approprié qui s'harmoniserait avec la voiture mytique du file "Retour vers le futur" / "Back to the Future".


Voici les différents endroits qui ont été considérés:


De gauche à droite:


Place d'Youville: Au travers des arbres devant l'horloge de l'arrêt d'autobus


Sous l'autoroute Dufferin-Momontrency: Look grundge-punk avec des graffitis


Hôtel de ville de Québec: Le sol mouillé permettant des effets intéressants


Place d'Youville, devant la porte St-Jean: Un icône de la ville de Québec


Édifice de la banque-canadienne-de-commerce: Construit en 1914 près du vieux-port de Québec, les colonnes rappelant l'hôtel de ville de Hill Valley du film.


Le Choix - C'est justement les colonnes de l'Édifice de la banque-canadienne-de-commerce qui a influencé le choix. Ce lien plus étroit entre la voiture et le film est illustré grâce à l'architecture spécifique de ce bâtiment.


Le shooting - Le jour venu et sur place, je me suis servi d'une application sur mon téléphone (Photopills sur Androïd) afin de savoir avec précision le moment du coucher du soleil. Je pouvais ainsi savoir quand la voiture serait à l'ombre, quand la fameuse heure dorée débuterait et pour combien de temps (L’heure dorée se produit deux fois par jour, elle suit les premières lueurs de l’aube et précède les dernières du crépuscule. La luminosité à ce moment est excellente et permet une utilisation plus flexible des temps de pose et du flash).


L'application Photopills permet de planifier le moment de la prise de vue à la minute près, en sachant exactement la position du soleil et des ombres par rapport à la position exacte de la caméra.


Pour cette prise de vue, la caméra doit être montée sur un trépied et tous les réglages sont en manuel. Une fois que la mise au point est faite, je ne touche plus du tout à la caméra jusqu'à la fin. J'utilise un flash de studio à pile, ce qui permet la puissance de la lumière de studio et la mobilité d'un Speedlite. Le flash fonctionne sur un système sans-fil à 2,4 Mhz. Lorsque l'obturateur de la caméra est déclenché, la caméra actionne le flash à distance.


Le flash est monté sur une pôle à peintre grâce à un adaptateur. J'utilise une softbox de 4 pieds par 6 pieds à monture Bowens pour mon flash. La softbox permet une lumière douce et égale, même si elle sera dirigée spécifiquement sur une partie du sujet.


Afin de ne pas toucher à la caméra durant les 90 à 120 minutes que dure la session, j'utilise un module sans fil qui commande la caméra. Il en existe quelques uns. J'en possède deux: un "Cam Ranger mini" et un "Arsenal". J'ai utilisé Arsenal pour cette photo.



Arsenal me permet de contrôler tous les paramètres de la caméra à distance, de voir sur mon téléphone ce que la caméra voit, de prendre la photo et de voir le résultat. Je peux donc, sans l'aide d'un assistant contrôler le positionnement précis du flash et de la caméra.



À chaque positionnement de flash, je prends au moins trois photos identiques, sauf pour l'exposition. La technique est appelée HDR (High Dynamique Range) et consiste à capturer une image bien exposée, une image sous-exposée et une image sur-exposée. Ces trois images seront ensuite combinées dans Photoshop en une seule image où le maximum de détails seront présents, tant dans les tons moyens, les parties sombres que dans les hautes lumières.


Pour réaliser une image HDR, le photographe utilise la technique de "bracketing". Le posemètre de la caméra calcul ce qui selon lui constitue une exposition correcte. Le photographe ajuste les paramètre de la caméra jusqu'à satisfaction. Ce cliché devient celui bien exposé. Une 2e image est capturée en faisant entrer moins de lumière dans la caméra pour créer une sous-exposition et une 3e image sur-exposée en laissant entrer plus de lumière que requis. En condition normale de lumière, le photographe utilise soit la vitesse de l'obturateur (temps d'exposition) ou l'ouverture du diaphragme de l'objectif pour contrôler la quantité de lumière qui pénètre jusqu'au capteur photosensible de la caméra.


Étant donné que j'utilise à la fois la lumière ambiante et le flash, je ne peux pas utiliser efficacement le temps d'exposition ou l'ouverture. Si je fais varier le temps d'exposition, cela n'aura pas d'effet sur l'exposition du flash. Si je varie l'ouverture, cela aura un effet sur un autre concept qui est la profondeur de champ, ce que je ne veux pas nécessairement.


J'utilise donc le bracketing ISO. C'est à dire que je fais varier la sensibilité du capteur pour varier l'exposition. De cette manière, les réglages de vitesse d’obturation et d'ouverture de la caméra ne changent pas et comme le flash envoie sa lumière toujours à la même intensité, tous les réglages qui sont importants pour moi sont constants. Si la bonne exposition est à 200 ISO, j'obtiendrai une photo surexposée en réglant l'ISO à 400 et une photo sous-exposées en réglant l'ISO à 100. Je règle donc le problème du bracketing de flash et lumière ambiante.


Le HDR n'est qu'une partie de la recette de cette photo. Au-delà du HDR, la particularité de la technique que j'utilise et qui se nomme "Light Painting" (peinture à la lumière) est le contrôle complet sur l'éclairage de l'image finale. De plus, la technique n'utilise qu'un seul flash, combiné avec la lumière naturelle.


Sans cette technique, il serait nécessaire d'installer un grand nombre de flashs, avec la complexité de tous les balancer ensemble.


J'éclaire donc chaque partie de la voiture, du bâtiment et du sol de manière indépendante. Il a ainsi fallu 81 clichés, qui ont ensuite été combinés en 27 images HDR, pour réaliser cette oeuvre.


Le traitement de l'image - Une fois tous les clichés réalisés, ceux pris au flash, à la lumière ambiante, celui des phares allumés, etc, les photos HDR sont produites et insérées dans Photoshop.


Pour ceux qui connaissent Photoshop, le traitement d'une image en Light Painting repose sur l'utilisation de masques. Dans le cas présent, 27 photos identiques, sauf pour l'endroit précis sur chacune qui a reçu de la lumière, ont été amenées dans Photoshop. À chaque photo a été associé un masque qui empêche de voir l'image en tant que tel.


C'est ici que le cœur de la technique se retrouve. Chaque masque est altéré pour laisser passer la partie spécifique éclairée de chacune des 27 photos et seulement cette portion. L'image finale est donc un composite des 27 photos et donne une image éclairée exactement comme le photographe l'entend, dans toutes ses parties.


J'espère que vous avez apprécié les explications. Vous pouvez visionner le vidéo behind the scene de cette prise de vue ici bas.




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